Imaginez : votre intrigue se déroule comme prévu, vous suivez à la lettre votre plan, bref tout se passe comme sur des roulettes...
Et soudain, un de vos personnages dévie brusquement de sa ligne de conduite que vous lui aviez tracée : que ce soit en découvrant quelque chose, en révélant un secret à son ami ou tout simplement en voyageant, le gredin vous entrouve une porte, une possibilité que vous n'aviez pas considérée.
En conclusion, une intrigue secondaire vient de naître dans votre oeuvre.
Si vous avez prévu deux ou plusieurs tomes, cela ne sera sans doute pas gênant. Mais dans un one-shot, cela devient vite compliqué de gérer les intrigues secondaires si une ou plusieurs s'ouvrent à vous.
Bien entendu, le plan est une des clefs essentielles pour diminuer ce genre de risques. Le suivre pas à pas, me direz-vous, permet de ne pas voir ce genre d'inconvénients arriver.
Certes. Cependant, je suis d'avis qu'on ne peut pas tout prévoir en écriture, que les personnages eux-mêmes finissent un moment ou un autre par vous échapper.
Défaut de débutant ? Pas si sûr. Pour citer Mister Martin lui-même, qui au moment d'entamer sa série du "Trône de Fer" comptait plusieurs publications et non des moindres, ses personnages secondaires sont eux-mêmes devenus des personnages principaux. Et chacun apportant son histoire, ses détails... Bref, il n'y a qu'à voir la taille de ses tomes à présent! (Non pas que je m'en plaigne!)
Vous me direz, si cette intrigue secondaire gêne tellement, il n'y a qu'à la supprimer.
Bien entendu et c'est parfois même conseillé, pour épurer le récit, le rendre plus compréhensible. Mais le scribouillard est ainsi fait qu'à peine une porte entrouverte, il rêve déjà à ce qu'il va découvrir derrière. C'est le fameux "et si ?". Et cette possibilité est souvent très difficile à mettre de côté.
Reste à intégrer cette intrigue que vous n'avez pas voulue dans votre roman. (Car une intrigue, même secondaire, bâclée en deux coups de cuiller à pot risque de décrédibiliser entièrement votre projet. De plus, elles ne se laissent pas facilement oublier!) De quelle manière peut-elle avantager votre axe principal, la colonne vertébrale de votre oeuvre ? Comment peut-elle l'aider un tant soit peu à se développer ?
Ces questions amènent souvent des développements du récit. Que ce soit au niveau du monde exploité, des personnages mentionnés et de leur importance, etc. Votre nombre de signes ne cesse de grimper!
Bref, les intrigues secondaires sont loin d'être faciles à gérer. Car elles ouvrent des portes insoupçonnées au début de la rédaction. Et celles-ci doivent, à la fin de votre oeuvre, être refermées. (Ou tout au moins, la plupart d'entre elles, sinon vous allez entendre nombre de grincements de dents.)
Personnellement, je me suis retrouvée devant ce cas de figure alors que je clôturais le chapitre 9. Au détour d'un discours, un de mes persos secondaires, que je venais juste d'introduire, parle d'un tout autre sujet que celui que je lui avais assigné. Et voilà, qu'en cinq lignes, une porte magistrale vient de s'ouvrir. Reste à savoir de quelle manière je vais la gérer.
Et non, je n'utiliserais pas l'excuse bidon de "mais c'était un rêve!". Pensez à la santé de vos lecteurs, évitez de les faire trépigner de cette manière.