Jeudi 17 mai 2007

Attention coup de coeur à l'horizon. Malgré sa taille ( 660 pages) ce roman m'a tenu en haleine durant tout le week-end et une bonne partie de la semaine. S'il n'y a qu'un seul défaut, c'est bien de ne pas avoir encore d'équivalent francophone. Let's go then!

 

Attention, allergiques à l'Histoire s'abstenir!

Nous sommes au début du règne d'Henri VIII. Marié à Catherine d'Aragon, tante de l'empereur d'Espagne, il n'a pour l'instant comme seule descendance qu'une petite fille, Mary (celle qui sera connue plus tard comme "Mary la sanglante"). Et en bon souverain, il s'inquiète fort de ne voir arriver aucun fils entre les fausses couches de la reine et son âge avancé.

Mary Boleyn a treize ans quand débute le roman. Mariée depuis un an à un gentleman du nom de Carey et dame d'honneur de la reine, elle est émerveillée par cette cour brillante et spirituelle sans qu'elle puisse soupçonner ses côtés les plus sombres. De plus, elle se réjouit fort que sa soeur aînée, Anne, revienne de France et devienne elle aussi dame d'honneur. C'est dans ce contexte que Mary capture le regard du roi.

Commence une longue histoire de passions, où l'ambition et la soif de pouvoir se déguisent sous les noms d'amour et de séduction. L'histoire est vue par les yeux de Mary Boleyn, sans doute la moins connue des deux soeurs. Elle dresse le portrait d'une société sans aucune pitié ou compassion envers les femmes et où un mot écorché peut signifier la Tour de Londres, lieu des exécutions sommaires.

Si vous pensez avoir affaire à l'homologue britannique de Mme Benzoni, détrompez-vous. Aucune concession, aucune gentillesse surfaite dans ce roman âpre et brillant, dont on ne peut se détacher qu'avec difficulté. Plus que d'exposer un portrait réaliste de la cour la plus brillante et la plus cruelle de son temps, Gregory dresse un formidable portrait de femmes à travers la relation ambigue de Mary et Anne Boleyn : rivales dans l'affection du roi, soeurs, soutien constant de l'autre et gardienne des plus sombres secrets.

Si Mary semble plus équilibrée et plus douce, au point d'être exploitée par sa famille ravagée d'ambition, Anne est l'archétype de la garce: ambitieuse, dépourvue du moindre scrupule et prête à tout pour donner cet héritier tant désiré et par là même, sécuriser sa position.

Et pourtant, on se surprend à pleurer avec elle quand son premier fiancé rétracte ses voeux, à la consoler au gré de ses fausses couches et à trembler avec elle quand elle s'aperçoit que le roi ne la regarde plus.

 

Bref, un très grand moment de lecture, une écriture fine et érudite et une intrigue où faits réels et fiction se mêlent sans jamais se heurter.    

Par Blackwatch - Publié dans : Lecture
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Lundi 14 mai 2007

Well, j'avais l'intention aujourd'hui de rédiger un semblant d'article technique (directement inspiré d'une discussion de 5 S) mais comme je paresse... Enfin, pas pour tout. J'ai (enfin!) bouclé le chapitre 11 d'Oak, ce week-end et avancé de 7000 signes pour le douze. Inutile de dire, je préfère de loin ce modus operandi. Et un petit extrait, qui se situe vers la fin de ce damné chapitre.

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De retour du tribunal, on l’avait à nouveau enfermée dans la cellule. Toujours impassibles, les gardes lui avaient remis les menottes de fer. Mais même la brûlure intense et familière n’importait plus autant. Elle avait été jugée une fois de plus. Jugée à nouveau coupable. Et cette fois-ci il n’y aurait ni exil, ni fuite, ni havre de paix au bout de la route. Rien que la fange des Cours, où on la forcerait à se vautrer avant de se débarrasser d’elle. Recroquevillée au milieu de sa cellule, Oak se tint silencieuse un moment. Et soudain, les paroles d’une vieille chanson, dans une langue qu’elle n’avait plus pratiquée depuis des années, lui revinrent en mémoire. Se frayèrent un chemin sur sa langue. S’immiscèrent dans son cœur, dans ses veines de sève, dans tout son être. La voix du chêne, qui ne l’avait jamais quittée jusqu’à présent, résonna en accord avec la mélodie. Et Oak se mit à chanter. Elle écorcha les mots au début, les sons sortaient de sa bouche aussi rocailleux que les montagnes des Highlands. Peu à peu, ils lui revinrent aussi familiers qu’au premier jour, quand Ménilboné, aux cheveux de neige, s’était assise près d’elle en lui murmurant :
« J’ai un cadeau pour toi. »
 
Le présent était la chanson. Sa valeur demeurait négligeable aux yeux des fay mais précieuse au cœur des êtres de sève et de bois. Elle parlait d’un âge d’or révolu, d’un âge où les dryades couraient libres au cœur des bois, aussi sauvages que les grands cerfs. Quand les hommes n’avaient pas encore appris à les désirer. Quand les arbres s’ouvraient sur un simple mot et devenaient refuge. Elle parlait de liberté et le cœur empli d’une nostalgie si violente qu’il lui fallait retenir son souffle, Oak chanta de plus en plus fort.
Un silence terrifié régna d’abord parmi les occupants des geôles. Ce lieu n’était tout simplement pas fait pour les chansons et les danses. Qu’avait-elle en tête, cette rebelle, qui les quitterait sans nul doute un jour ou l’autre ? Ne pouvait-elle se taire et les laisser vaguer en paix, l’esprit perdu dans les vapeurs aigres douces du soma ?
 
Dans une cellule voisine, une voix aigrelette s’éleva soudain. Elle formait un amusant contraste avec la voix rauque de Oak. Peu à peu, elles s’accordèrent si bien qu’il fut impossible, aux rares spectateurs, de distinguer l’une de l’autre. Une troisième puis une quatrième cellule sortirent de leur mutisme.
J’ai un cadeau pour toi. Écoute, dryade de mon cœur, écoute…
Ménilboné s’était assise près d’elle, ses yeux verts vibrant de chaleur et de tendresse.
 
En ce temps-là, j’étais toujours ta favorite.   
À présent, tous les prisonniers reprenaient la mélopée sans âge. Leurs voix s’élevaient dans l’obscurité des cachots, aussi pures que du cristal, aussi mordantes que le givre et la glace. Elles parlaient de liberté, mais nul n’était là pour les écouter. Elles auraient percé le cœur de centaines d’âmes, mais aucune d’entre elles ne les entendait. Seuls les gardes demeuraient silencieux et on n’en attendait pas moins d’eux. Il sembla à la dryade que des heures entières s’étaient écoulées avant qu’elle n’abandonne, la gorge irritée et le cœur en déroute. Elle reprit lentement son souffle, écoutant ses camarades d’infortune tomber un à un dans le silence. Quand celui-ci s’établit, il n’avait plus la même texture : de plomb il était devenu aussi léger qu’une feuille, aussi gai qu’une bulle de champagne.
J’ai un cadeau pour toi. Écoute, dryade de mon cœur, écoute. Car voici le lai des dryades, la chanson qui renferme notre âme.
Oak esquissa un sourire.
J’ai chanté ton présent, Ménilboné, ma tendre reine d’autrefois, ma traîtresse d’aujourd’hui. J’ai chanté ta mélodie et plus jamais elle ne s’arrêtera.  
Par Blackwatch - Publié dans : Textes
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Vendredi 11 mai 2007

... de plus pour Oak, aujourd'hui. Et une nana littéralement envoûtée par son copain à gérer( à prendre au sens propre). Aïe. Vivement le réveil, je vous le dis!

Et un petit renouveau pour l'Eclatante: une graine assez prometteuse. Voyons son développement!

Bon week-end et bonnes Imaginales pour ceux et celles qui ont la chance d'y aller!

Par Blackwatch - Publié dans : Oak
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Jeudi 10 mai 2007

(En même temps d'exposer mes achats!)

Scott Lynch, les mensonges de Locke Lamora (Les Salauds Gentilhommes 1)

Depuis le temps que je l'ai lu, il est plus que temps de le chroniquer!

Dernières acquisitions: 

Léa Silhol, Nigredo (La Glace et la Nuit 1)

Ah ah! Reçu depuis deux jours et je le dévore déjà! Une édition très soignée et un récit qui s'annonce palpitant.

Philippa Gregory The other Boleyn Girl

Reçu ce matin. Par rapport à son petit frère (voir critique récente dans Lectures) celui-ci pèse quelque 300 pages de plus. Bref, un véritable régal en perspective! Une auteur dont je le pressens, il ne faudra pas longtemps pour m'enticher.

P.S: Merci à Beorn pour m'avoir signalé hier mon emprunt involontaire au héros de Moorcock ! Well, le personnage ne va pas tarder à être rebaptisée.  

Par Blackwatch - Publié dans : Lecture
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Mercredi 9 mai 2007

Comme Brandy, ces derniers jours, aime faire office de "réveil-matin" avec options intégrées "récital de miaulements devant la porte et sauts sur le lit", j'ai tout le temps, durant la phase pénible de réveil, de penser à la journée qui m'attend. Et qui forcément ne contiendra pas beaucoup de place pour Oak.

Deux semaines qu'il n'y a pas eu de progrès notables et que la dryade menace sa pauvre auteur de coups et blessures si elle ne continue pas l'histoire.

Miss Syven parlait d'organisation, voilà un flagrant exemple de désordre notoire (en ce qui concerne mes loisirs).

Donc autant vous parler de mise en page et de typographie.

Niveau police, c'est assez simple, TNR, en 12. Interligne 1,5, vu que je ne supporte plus l'interligne simple pour l'écriture ou même la lecture.

Pour les dialogues, j'utilise pour l'instant les guillemets pour l'introduire et le fermer, avec tirets entre. Cela donne:

  

« Félicitations, dryade. Il est rare de voir un de nos serfs subir un second jugement. »

et en plus long:

« As-tu acquis un nom depuis ton premier procès ? J’aimerais autant diversifier mon vocabulaire.

 

-     Je  m’appelle Oak. »

 

Je me demande quand même si je ne devrais pas virer les guillemets et adopter les tirets longs, cadratins.

Pour les incises entre les dialogues, j'utilise les parenthèses. Ce n'est pas le système le plus harmonieux, mais le seul que j'aime employer (et heureusement, une maison d'édition réputée utilise le même système!) Cela donne:

« Un crime de sang inconnu des hommes, mais qui n’a pas échappé à Ménilboné (celle-ci se tortilla sur sa chaise, mal à l’aise.) et à notre fidèle Limier. »

Et pour les pensées des personnages, j'aime les mettre en italique:

« Bien, il semblerait donc que notre accusée se soit effectivement trouvée un goût pour la chair humaine… »

 

Et dans tous les sens du terme.  

 

Je trouve que ce procédé procure plus d'empathie avec le personnage et aide à le caractériser. A utiliser avec modération, néanmoins.

Question mise en page, il y a des progrès à faire, niveau retrait de paragraphe par exemple, (Aïe, les tabulations!) et en ce qui concerne les tirets.  En attendant la phase de correction, qui n'est pas prête d'arriver!  

Par Blackwatch - Publié dans : Oak
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Texte libre

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Projets: 

L' Eclatante : fantasy antique (en cours de rénovation - 312 424 signes)  

Oak : fantasy urbaine, one-shot (en cours d'écriture) : 350 129 signes

 

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