Dimanche 27 mai 2007
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Et deux chroniques, deux! Les deux livres présentés sont aux antipodes l'un de l'autre, mais partagent au moins un point commun: celui de m'avoir fait passer un agréable moment de lecture!
So let's go!
1) La Glace et la Nuit I , Nigredo de Léa Silhol (Moutons électriques)
Résumé:
Le vent a soufflé sur le Royaume... En Hiver, la Reine des Neiges déchiffre la Trame du Temps et voit venir les jours derniers, la fin de tous les Chants. Elle confie à l'un des membres les plus inattendus de la Cour Froide une mission capitale, porteuse de tous ces espoirs : retrouver Angharad, Dame de la Sève et du Givre, qui a quitté les Dix-Neuf Royaumes depuis deux cents années mortelles. La retrouver, la ramener, telle est la mission de Kelis, le barde incertain qui connaît si peu le monde. Un acte désespéré, dont tout dépend. Et Kelis, fou blanc, s'avance sur l'échiquier de sa souveraine, sans se douter qu'il va entraîner, à chacun de ses pas, le plus grand changement qu'ait connu la Féerie. S'avance, tandis que le temps coule comme de l'eau... À travers les pièges des fiefs d'Ombre. Les envoûtements de Nicnevin. Les chasses unseelie et les jeux de Lumière. Les plans des Monarque des Trois Clartés. Les alliances avec les dieux étranger. Les épées élevées des Nishven et l'art antique des Filidh. Les routes à créer et les héritages à accepter. Sur les pas d'Angharad et Finstern jusque dans leur volontaire exil. Vers la fracture des Cours, la guerre contre la Mortalité, et vers la promesse la plus périlleuse des Cours. Vers l'espoir de Seuil. C'est dans la conquête des passage et des clefs, et sous l'égide des anciens Trésors des Tuatha de Danann, que commence à se tisser le deuxième chant majeur du monde de Vertigen.
Attendu avec impatience par les afficionados de ce monde si particulier de Vertigen, la Glace et la Nuit ne se présente pas vraiment comme une suite de la Sève et le Givre. En effet, on peut le lire sans avoir lu S&G. Néanmoins, ce serait dommage vu les références et surtout les explications glissées ça et là sur S&G et sur son univers.
J'avoue avoir été surprise à la lecture. Il y a là une humanité ou tout au moins une empathie qui n'était pas évidente dans S&G. Sans perdre leur personnalité, le couple Angharad-Finstern m'a paru bien plus proche du lecteur qu'il ne l'avait été jusqu'ici. Certains avaient reproché à ces persos leur froideur et leur manque flagrant d'empathie dans S&G, voilà de quoi les rassurer! Et les personnages secondaires, si l'on puit dire, comme Kelis, le barde mi-fée mi-humain ou le deuxième narrateur, encore inconnu, ne démentent pas cette impression.
Autre nouveauté: le style plus délié, plus vivant, plus rythmé. Et il sert très bien l'action qui s'en donne à coeur joie dans cet opus. On a la gorge nouée devant les pièges de Tara, on retrouve avec émotion et plaisir Dorcha et ses mystères. Car ceux qui avaient envie d'explorer plus avant le monde de Vertigen et ses cours seront servis. On retrouve certaines connaissances (Nicnevin, Herne) et on découvre d'autres. Qui se révèleront capitales dans la lutte qui s'annonce.
Bref, une lecture prenante et vivante, très bien servie dans un très bel objet livre. La suite nommée "Albedo" est prévue pour l'année prochaine.
2) Les Salauds Gentilhommes I, les mensonges de Locke Lamora, Bragelonne
Résumé:
On l'appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L'autre moitié pense qu'il n'est qu'un mythe. Les deux moitiés n'ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l'épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n'en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu'une mystérieuse menace plane sur l'ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire... Entre Oliver Twist, Il était une fois en Amérique et Arsène Lupin, les aventures d'un audacieux criminel et de sa bande de fripouilles !
Il vaut mieux retenir la dernière phrase plutôt que la première de ce résumé. Car la réputation de Locke Lamora et de sa bande de bandits se situe en effet à mi-chemin entre Arsène Lupin et le vocabulaire coloré de la Cour des Miracles. Autant dire que ce roman vous prend tout de suite à la gorge : la structure bien développée entre action/flash-back permet de ne pas s'ennuyer une seconde tout en livrant des indices sur le passé de Locke et l'histoire de Camorr.
La ville elle-même constitue un personnage à ne pas dédaigner. Des combats opposant des guerriers à de redoutables créatures aquatiques aux tours du pouvoir, l'auteur nous entraîne dans un voyage très coloré et surtout réaliste. Locke lui-même et sa bande n'y font pas exception: redoutables escrocs, voleurs et comédiens patentés, ils auront pourtant affaire à forte partie...
Si ce n'est un final un peu convenu, il n'y a pas grand'chose à objecter contre ce premier opus. Reste à voir si l'auteur pourra toujours tenir la distance sur les autres (nombreux!) tomes de cette série.